mardi 27 novembre 2007

"Guérilla urbaine"

Un mot sur les batailles de ces jours-ci en banlieue parisienne. Les journaux n'insistent pas assez, on avait utilisé le mot à tort il y a deux ans mais cette fois-ci il s'agit bien de "guérilla urbaine", et les policiers sont bien les premiers à s'en être rendus compte, même si les journaux n'ont pas tiré toutes les informations qui en découlaient : à partir du moment où des "émeutiers" tirent à balles réelles avec des pistolets à grenaille et des fusils à pompes sur les CRS, tout change. Le rapport de force est déséquilibré, pas parce que les CRS sont incompétents, mais parce qu'ils ne sont ni formés, ni équipés pour une telle situation. Parce qu'au nom de l'ordre qu'ils sont censés rétablir, eux n'ont pas le droit de tirer autre chose que des flash-balls.
Les images le confirment, la police est perdante, sur tous les fronts : groupes de jeunes trop mobiles, armement trop lourd (et le pire c'est qu'il y a un certain esprit de gradation, ils pourraient sortir les fusils d'assaut en face...). Les CRS reculent, ne contrôlent plus rien, pire, se font canarder et blesser. Et avec ça, on leur demande d'y retourner ce soir et de ne pas perdre les nerfs... Dans la situation actuelle, la banlieue révoltée est gagnante dans toutes les configurations, le slogan "nique la police" est réalisé. Quoiqu'il arrive les jours qui viennent, il y aura un "après Villiers-le-Bel", comme les journalistes devraient le dire, ne serait-ce que parce que les CRS vont devoir revoir intégralement leur équipement et leur stratégie. Les bras et les épaules ne sont pas protégés, et ça ne rate pas : éclats de chevrotines, voire chevrotine dans l'épaule pour certains (pour le récit et les images par un journal étranger voir ici). Le bilan est incertain, autour de 80 blessés graves parmi la police dit-on, mais d'autres prétendent qu'il est minoré, en tout cas le "rapatriement" des blessés semble l'indiquer. C'est sans précédent, et on peut dire que la police a peur, ce qui est normal. Nous verrons si les ajustements tactiques invoqués aujourd'hui suffiront et si le rôle légèrement différent des médias et des élus aura joué un rôle.

Allez, je retourne devant OL-Barcelone...

9 commentaires:

Anonyme a dit…

Euh... tu veux dire que tu retournes à Trakl, non? Moi je jette l'éponge pr ce soir, j'en ai trop marre!

A majuscule a dit…

@müri: non, je voulais dire que je retournais voir le match, ce n'est pas parce que j'ai quelque chose à faire que je vais rater la deuxième mi-temps ! (qui valait le coup d'alleurs !)

Anonyme a dit…

Grrrr, ça m'énerve, à chaque fois tu me "entlarvt" en me traitant de Müri, peu importe mon pseudo!
Je suis allée faire ma petite balade à vélov, c'était bieeeennn...

Anonyme a dit…

Loin des troubles dans les banlieues, les agrégatifs et leurs petits jeux de masques... ;o)

Alors qu'apparemment l'enquête piétine, je croise les doigts pour que ça se calme.

Anonyme a dit…

C'est vrai que les média parlent très peu de ça ! Très peu de l'armement des guerilleros et de la vulnérabilité des crs... D'habitude on a tendance à penser le contraire !

Vivement qu'on trouve des solutions, et pas seulement des armures en plomb massif !

A majuscule a dit…

@müri: "on est contents pour toi !" ;)
@luciole: moi j'aime bien quand ça pète, mais alors je veux que ça pète vraiment, je déteste la demi-mesure...
@laure: comme tu dis oui...

Anonyme a dit…

ça va, ça va, je redescends de mon trip égocentrique. Pour le situation à Villers-le-bel et ailleurs (Toulouse maintenant paraît-il?), rien à ajouter: c'est super choquant. Le problème c'est aussi qu'on est mal informé, on ne connaît pas le fin mot de l'histoire... Mais j'ai du mal à croire certaines personnes qui me disent que les flics ont laissé les deux ados pendant 30 min avant d'appeler les secours (j'espère qu'ils se trompent)... C'est facile d'instrumentaliser cette histoire pr en faire un prétexte pr tirer sur les CRS... Et où est le rapport avec les écoles maternelles et les bibliothèques???

Anonyme a dit…

Le problème, c'est que la petite phrase de Sarko sur la "voyoucratie" ne va pas calmer le jeu, même si il y a du vrai là dedans.

A majuscule a dit…

@müri: aucun rapport, soit c'est de la volonté de casser qui attendait une occasion, soit c'est de l'indignation incontrôlée. Un peu des deux sans doute, "comme d'habitude"...
@luciole: on a plus à "calmer le jeu", c'est fini, donc le président peut dire ce qu'il veut, c'est sans conséquence et ça laissera croire qu'il a "gagné".