Outre la revue féministe que j'ai déjà décrite, on m'a prêté un livre intitulé "Idées reçues - Les Lesbiennes", aux éditions du Cavalier Bleu, mais le livre est rose. L'auteur (Stéphanie Arc, diplômée de philosophie morale et politique à la Sorbonne, mais qu'est-ce que ça veut dire exactement ? probablement qu'elle a un master/DEA, elle est peut-être docteur) s'applique à démonter une série de clichés, et vu la manière dont c'est fait, les clichés sont aussi amusants que leur démonstration. De plus, la rédactrice - sans doute en vertu d'un franc-parler qu'elle espère convaincant - n'hésite pas à rentrer dans les détails, et là aussi ça devient drôle.
Un des premiers clichés traités est l'idée selon laquelle les lesbiennes n'ont pas de véritable sexualité. - "Entre femmes, ce n'est pas vraiment du sexe". Et l'auteur d'expliquer, après un détour sur le "mythe de l'orgasme vaginal" brocardé par les féministes américaines des années 60 et 70 comme étant un garant de l'institution, que "les pratiques sexuelles les plus répandues sont la pénétration vaginale avec la main, le cunnilingus, ainsi que les caresses clitoridiennes et le frottement des régions génitales" (citation de Marina Castañeda). En fait, comme dans tout le bouquin j'ai l'impression, le problème principal réside dans le manque de données statistiques ou autres sur ce sujet, c'est un phénomène difficile à appréhender, et l'auteur doit sans doute être tentée de mêler citations et témoignages plus personnels, comment dégager une vue d'ensemble qui soit authentique sinon ?
Un des propos récurrents du livre est le discours de la phallocratie omnipotente qui rejette les lesbiennes et fantasme sur elles. C'est intéressant, peut-être un peu caricatural, mais il faut bien que les féministes ce créent un ennemi contre lequel lutter, cela permet de trancher un peu et de simplifier tout en se créant un fond de commerce, et le livre se vend ; ça n'a rien d'aberrant.
Citons d'autres clichés : "Elles n'ont pas trouvé le bon", "C'est la faute des parents", et aussi "c'est de naissance"... Bref résumé : des chercheurs de Berkeley ont trouvé plusieurs facteurs qui pourraient le laisser croire, mais ce n'est pas strictement démontré, ce n'est pas réfuté non plus. Autre thèse, chez les animaux, des perturbations pendant la gestation ont une influence sur la sexualité finale, chez l'homme, impossible de conduire de telles expériences, et en plus le problème est plus complexe. Autre idée, les hormones, le préjugé hormonal concernant les lesbiennes repose sur cette idée intangible : au fond, il faut être un homme ou avoir une forte part de masculinité pour être attiré par une femme.
Beaucoup de questions demeurent : doit-on faire la différence entre homosexualité masculine et féminine ? De même, les chercheurs distinguent actuellement deux types d'homosexualité : une "fausse", acquise et une "vraie", congénitale. Et là je voudrais dédier la conclusion de l'auteur à Ratatouille - si jamais il n'a pas arrêté de lire ce blog par dépit - car je suis assez d'accord, et c'est en gros ce que j'avais écrit il y a quelques semaines ici-même, même si je n'avais pas pris de gants.
Mais il faut prendre des précautions etc etc... Cela dit, on m'objectera sans doute que la recherche actuelle suit parfois des préjugés douteux et/ou une vision du monde par trop rationaliste, je l'admets.
A la fin, l'auteur conclut sur le préjugé selon lequel les lesbiennes seraient malheureuses. Le livre vaut ce qu'il vaut, mais sa grande force réside dans les citations littéraires qui étayent les préjugés, le relevé est très convaincant je trouve.
Un des premiers clichés traités est l'idée selon laquelle les lesbiennes n'ont pas de véritable sexualité. - "Entre femmes, ce n'est pas vraiment du sexe". Et l'auteur d'expliquer, après un détour sur le "mythe de l'orgasme vaginal" brocardé par les féministes américaines des années 60 et 70 comme étant un garant de l'institution, que "les pratiques sexuelles les plus répandues sont la pénétration vaginale avec la main, le cunnilingus, ainsi que les caresses clitoridiennes et le frottement des régions génitales" (citation de Marina Castañeda). En fait, comme dans tout le bouquin j'ai l'impression, le problème principal réside dans le manque de données statistiques ou autres sur ce sujet, c'est un phénomène difficile à appréhender, et l'auteur doit sans doute être tentée de mêler citations et témoignages plus personnels, comment dégager une vue d'ensemble qui soit authentique sinon ?
Un des propos récurrents du livre est le discours de la phallocratie omnipotente qui rejette les lesbiennes et fantasme sur elles. C'est intéressant, peut-être un peu caricatural, mais il faut bien que les féministes ce créent un ennemi contre lequel lutter, cela permet de trancher un peu et de simplifier tout en se créant un fond de commerce, et le livre se vend ; ça n'a rien d'aberrant.
Citons d'autres clichés : "Elles n'ont pas trouvé le bon", "C'est la faute des parents", et aussi "c'est de naissance"... Bref résumé : des chercheurs de Berkeley ont trouvé plusieurs facteurs qui pourraient le laisser croire, mais ce n'est pas strictement démontré, ce n'est pas réfuté non plus. Autre thèse, chez les animaux, des perturbations pendant la gestation ont une influence sur la sexualité finale, chez l'homme, impossible de conduire de telles expériences, et en plus le problème est plus complexe. Autre idée, les hormones, le préjugé hormonal concernant les lesbiennes repose sur cette idée intangible : au fond, il faut être un homme ou avoir une forte part de masculinité pour être attiré par une femme.
Beaucoup de questions demeurent : doit-on faire la différence entre homosexualité masculine et féminine ? De même, les chercheurs distinguent actuellement deux types d'homosexualité : une "fausse", acquise et une "vraie", congénitale. Et là je voudrais dédier la conclusion de l'auteur à Ratatouille - si jamais il n'a pas arrêté de lire ce blog par dépit - car je suis assez d'accord, et c'est en gros ce que j'avais écrit il y a quelques semaines ici-même, même si je n'avais pas pris de gants.
"Aujourd'hui, aucune étude n'a réussi à prouver que l'homosexualité est due à des causes biologiques. Mais on peut très bien imaginer que des facteurs génétiques et hormonaux, parmi une multiplicité d'interactions sociales, influencent le désir." (p. 53-54)
Mais il faut prendre des précautions etc etc... Cela dit, on m'objectera sans doute que la recherche actuelle suit parfois des préjugés douteux et/ou une vision du monde par trop rationaliste, je l'admets.
A la fin, l'auteur conclut sur le préjugé selon lequel les lesbiennes seraient malheureuses. Le livre vaut ce qu'il vaut, mais sa grande force réside dans les citations littéraires qui étayent les préjugés, le relevé est très convaincant je trouve.
3 commentaires:
OMG ! Quel titre ! Il a osé...
Si avec ça tu ne récupères pas des lecteurs... Surveille tes stats dans les prochains jours (les mots-clefs notamment),ça peut être drôle.
@luciole : le but ce n'est pas les lecteurs, j'avais dit que je mettrais ce titre, je l'ai mis, point.
Aha, après Emma, cet autre grand opus concernant la cause des femmes... Je suis bien contente de ce résumé, sauf de "mais il faut bien que les féministes se créent un ennemi contre lequel lutter, cela permet de trancher un peu et de simplifier tout en se créant un fond de commerce"... Mais je ne me sens pas d'humeur à faire ma "Kampflesbe" (copyright E.D.) de si bon matin! :)
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